Turbulences au Japon

09-07 2013

 

3 questions à Jean-Marc Divoux, Président/Gérant de FinanceCom AM

En forte hausse depuis un an, les marchés japonais subissent une forte correction ces derniers temps. Qu’en pensez-vous ?

Le marché des actions japonaises a entamé une phase de hausse dès que la victoire du PLD (Parti Libéral-Démocrate de M. Shinzo Abe) aux élections législatives semblait probable. Et en effet, M. Abe a lancé dès son arrivée au poste de premier ministre en décembre dernier une politique de relance agressive de l’économie, dite des « trois flèches », associant un assouplissement monétaire massif, une relance budgétaire, et des réformes structurelles de plus long terme. L’assouplissement monétaire a pour but de faire repartir l’inflation vers un objectif de 2%, mais il a aussi eu pour effet de faire baisser le yen, ce qui a grandement aidé

les exportateurs japonais. Par ailleurs, les achats d’obligations par la banque centrale ont incité les investisseurs à se reporter sur les actions, et tout ceci a permis à l’indice Nikkei 225 de bondir de 80% en 6 mois.

La correction observée depuis le mois de mai a été déclenchée par des craintes d’une part d’un ralentissement de la croissance chinoise, et d’autre part d’une future diminution du programme de quantitative easing. Ces craintes sont peut-être fondées, mais il semble que le marché japonais a plus corrigé que les autres marchés tout simplement parce qu’il avait plus progressé pendant les mois précédents.

Le marché japonais représente-t-il toujours une opportunité ? Quel est selon vous l’intérêt de l’intégrer dans une allocation d’actif ?

Sur le long terme, c’est la troisième « flèche » de M. Abe, celle des réformes structurelles, qui peut avoir le plus d’impact. Les réformes annoncées début juin étaient en deçà des attentes, mais  le premier ministre a promis des réformes plus audacieuses après les élections de juillet qui devraient lui donner la majorité à la chambre haute. On verra alors mieux si la « troisième flèche » peut durablement revigorer l’économie japonaise.

Quoi qu’il en soit, malgré des années d’économie atone, le Japon a conservé une industrie et une R&D de premier plan. Dans une allocation d’actifs diversifiée, il demeure intéressant d’être investi en actions japonises pour bénéficier des opportunités de croissance sur le long terme, et pour apporter un peu de décorrélation aux autres marchés actions.

Les taux japonais sont-ils au plus bas ? Et y a-t-il toujours du potentiel ?

Les achats d’obligations par la banque centrale japonaise ont amené les taux à des plus bas historiques, mais ils ont aussi asséché le marché obligataire, ce qui a entraîné une augmentation de la volatilité. Nous voyons peu d’opportunités d’investissement sur ce marché pour le moment.